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Littérature
Mémoires d'un poète-assassin
Éditions NOUVEAU MONDE · 2022
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Résumé
Pétition d'un voleur à un roi son voisin,Les prisons et le
régime pénitentiaireeLe 9 janvier 1836 à Paris meurt le
“poète-assassin”. Escroc et criminel, d’un
tempérament instable proche de la psychopathie, Pierre-François
Lacenaire a défrayé la chronique jusqu’à sa mort,
à l’âge de 32 ans. Dans la France de la Restauration, il se
fit connaître tant pour ses crimes que pour son talent littéraire
et sa sensibilité romantique.D’origine lyonnaise, enfant mal
aimé de ses parents, il est placé très jeune dans un
internat de la Croix-Rousse. En 1813, au collège de Saint-Chamond, il se
révèle un élève brillant. Mais en 1819, alors au
collège de Chambéry, il met un terme à ses études
après avoir accusé de pédophilie un prêtre de
l’établissement et s’être battu avec lui. Pendant dix
ans, il sera tour à tour avoué, banquier, clerc de notaire,
fourrier, commis-voyageur. Surtout, il entame en 1824 une carrière
littéraire : il publie des articles, écrit des chansons, et
parvient à monter un vaudeville. Il s'engage dans l'armée, mais
finit par déserter. En avril 1829, à Paris, désormais sans
ressources et sans abri, il songe pour la première fois à
”frapper l'édifice social” : un mois plus tard, après
avoir volé un cabriolet et tué en duel le neveu de Benjamin
Constant, il se rend à la police. Enfermé à la Force, il va
faire de sa vie derrière les barreaux son “université
criminelle”. Entre autres prisonniers, il fait la connaissance de ses
futurs compagnons dans le crime - Avril, Bâton et Chardon -, et se lie
avec le chansonnier Béranger, à qui il adresse une
épître versifiée. Il écrit laqui révèle
ses talents poétiques, ainsi qu’un journal,. Libéré
en septembre 1830, il devient écrivain public tout en enchaînant
les vols pour se garantir une certaine aisance. Après son retour à
la Force en 1834, puis sa sortie quelques mois plus tard, la récidive ne
tarde pas : avec Avril, il assassine brutalement, à coups de tire-point
et de hache, son ancien codétenu Chardon, et étouffe la
mère de ce dernier. Ces meurtres sont rapidement suivis d’un autre,
commis sur un jeune homme de 18 ans. Lacenaire est finalement
dénoncé par ses complices. Et si pour lui la prison était
un salon, il fera de son procès un théâtre. Il sait
pertinemment que les autorités jouent sur la publicité autour de
sa personne pour faire oublier l’interminable procès des
Républicains arrêtés après les émeutes de
Paris et de Lyon en 1832. Cela ne manquera pas : au tribunal, les femmes
en particulier seront nombreuses à venir observer le distingué
assassin transformer le procès de ses crimes en spectacle de sa personne,
avant sa condamnation à mort. Publiés peu après son
exécution, ses mémoires sont le récit d’une vie tout
entière marquée par la violence et la marginalité. Un
document unique sur l’histoire criminelle française du
XIXsiècle.