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Littérature
Les maîtres chanteurs du IIIe Reich - Musiques et musiciens sous le nazisme
Éditions PERRIN · 2026
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Résumé
" L'État national-socialiste était une sorte de dictature chantante "
Carola Stern
Saviez-vous que le meilleur orchestre de jazz allemand sous le Troisième Reich
était une création de Goebbels ? Que le Concert du nouvel an du Philharmonique
de Vienne, lancé en 1939, était à l'origine une opération de propagande et de
bienfaisance pour les œuvres nazies ? Que des SS faisaient jouer du swing à
Auschwitz ? Que paradoxalement, la musique de film de l'âge d'or hollywoodien
sonnerait différemment sans la politique culturelle nationale-socialiste ?
Dans cet ouvrage original, l'auteure revisite la bande-son du Troisième Reich,
un régime qui, plus encore que les autres totalitarismes du XXe siècle, mit la
musique au centre de son fonctionnement. Rien d'étonnant, quand on sait
qu'Hitler était un inconditionnel de Wagner. Les nazis firent chanter les
Allemands dans tous les sens du terme, instrumentalisant partitions,
compositeurs, orchestres, chefs et interprètes. Dans leur stratégie de conquête,
puis de stabilisation des masses, ils s'approprièrent le génie musical allemand,
effaçant au passage les Juifs, mais aussi certains genres honnis. L'atonalité ?
Une abomination. Le jazz ? Dégénéré. Sauf lorsqu'il s'agissait de séduire
l'ennemi et de remonter le moral des troupes ou de l'arrière ! Même leur
entreprise d'anéantissement fut littéralement orchestrée avec tambours et
trompettes et dans les camps de concentration et d'extermination, on sortit les
violons pour organiser la destruction de millions de personnes, récupérant au
passage des rythmes et des artistes interdits.À vrai dire, ce n'est pas la
moindre des ambivalences de la politique musicale nationale-socialiste. Ce livre
n'oublie pas l'une des principales conséquences de l'épuration musicale
pratiquée dans les premières années du régime, à savoir le plus grand transfert
de talents et de pourvoyeurs de divertissement jamais réalisé entre les deux
rives de l'Atlantique.
Après avoir infiltré le star system du Hollywood nazi dans Les actrices du
Troisième Reich , Isabelle Mity poursuit son exploration des politiques
culturelles nationales-socialistes en étudiant le monde de la musique et des
musiciens sous la baguette hitlérienne.
Un ouvrage pour les mélomanes comme pour les profanes, qui allie la rigueur de
l'analyse historique à la fluidité du récit.